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Institut de la Sainte-famille

  • Jour 14 (09/04/2018) : Retour en Belgique, Retour sur l’expérience vécue : le mot des professeurs

    Jour après jour, nous avons pu constater que nos élèves gagnaient en maturité et que leur perception du monde évoluait au rythme des missions de reconnaissance sur le terrain et des ateliers de débriefing pris en charge par Iles de Paix.

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    Ce projet ne développe pas uniquement des valeurs ou du savoir-être, il développe également des compétences, notamment en matière de témoignages. Nos élèves se sont formés à la sélection d'informations. Chaque jour, nos élèves deviennent de véritables reporters photos, vidéos et écrivent les textes que vous pouvez lire...

    Ce projet a considérablement bouleversé notre école et sa capacité à se lancer dans des projets de grandes envergures citoyennes.

    Nous tenons à remercier Terry, Audrey et Magali d’Iles de Paix pour leur expertise et leur soutien indéfectible sur place. Sans nos trois drôles de dames, l’aventure n’aurait pas été aussi intense, conscientisante et humaine…

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    Les semaines qui viennent seront tout aussi chargées, car nous allons préparer notre témoignage retour et notre semaine Bénin à l’école. Nous avons hâte de vous partager le travail de nos élèves et nous vous y attendons nombreux.

    Pour l’heure, prenez le temps de lire leurs aventures écrites par eux-mêmes et de commenter chaque article. Cela leur tient à cœur. Cela nous tient à cœur.

    A bientôt !

     

  • Jour 13 (08/04/2018) : Cotonou, en route vers l’aéroport…

    Nous nous sommes rendus à Cotonou pour faire quelques petits achats sur les marchés locaux avant de rejoindre une auberge pour nous habiller plus chaudement. Quelques heures plus tard, il était temps de dire adieu à nos deux accompagnateurs de choc que sont Matthieu et Fiacre et de rejoindre enfin l’aéroport pour embarquer vers Bruxelles ma belle…

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    Dans l’avion, nous avons pris le temps de relire une lettre que nous nous étions écrit à nous-mêmes quelques mois auparavant… Que nous l’admettions ou pas, nous sommes contraints de constater que ce projet et ce voyage d’immersion nous a tous changé… Notre perception du monde n’est plus pareille…

    Nos professeurs nous disent grandis de cette expérience et surpris de la maturité avec laquelle nous sommes intervenus dans tous les échanges avec les collaborateurs d’ïles de Paix. Tout ce que nous pouvons dire pour le moment, c’est que sans eux, sans Monsieur Emmada, Madame Bonte, Madame Eryüruk et Madame Van Causenbroeck, cette formidable aventure n’aurait pas été possible. Merci à vous !

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  • Jour 12 (07/04/2018) Ouidah, le chemin des esclaves et la Porte du Non Retour

    Nous sommes arrivés à Ouidah, une ville connue pour ses nombreuses blessures et la traite négrière. Nous avons parcouru par étapes le chemin forcé que parcouraient les esclaves avant de quitter le Bénin pour le Nouveau Monde. Nous nous arrêtés à la Place Chacha où les esclaves étaient testés, marqués au fer et vendus ; l’arbre de l’oubli près duquel les esclaves devaient le contourner plusieurs fois et oublier leur vie passée ; la case Zamai ou la case noire dans laquelle étaient entreposés comme du bétail 600 esclaves pendant 2 semaines à 6 mois avant de quitter le Bénin, le mémorial qui était à l’époque une fosse où étaient jetés tous les esclaves malades ou fragiles ; l’arbre du retour, symbole de retour spirituel des esclaves exportés et la Porte du Non-Retour, étape ultime où les esclaves étaient emportés sur des pirogues jusqu’aux bateaux. Quatre kilomètres de bravoure et de souffrance…

     

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    Nous avons été choqués par la manière dont hommes, femmes et enfants ont été traités à cette époque. Certains d’entre nous ne parvenaient pas à concevoir qu’un être humain puisse infliger cela à un autre être humain à cause de sa couleur de peau. La voix du guide résonnait dans nos têtes, un peu comme si un de ces esclaves nous prenait par la main et nous y accompagnait. Nous étions tous religieusement silencieux.

     

    Quatre cents ans plus tard, nous sommes là impuissants face à l’histoire. Seule la mémoire permet de ne pas répéter l’histoire…