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Institut de la Sainte-famille - Page 4

  • Jour 8 (03/04/2018) : de nouveau sur le terrain à Cobly avec les partenaires d’IDP

    Une journée à Cobly : une approche holistique vis-à-vis de la sécurité alimentaire

    Ce 3 avril, à mi-parcours de notre séjour au Bénin, nous voilà de nouveau sur le terrain avec Iles de Paix afin de passer une journée à Cobly. Le programme 4 visites de différentes actions que mènent Iles de Paix au Bénin avec d’autres intervenants. La journée a commencé par une visite d’un site de maraichage à Tapoga, d’un magasin de stockage, nous avons ensuite découvert les interventions de la Croix Rouge et enfin les greniers traditionnels améliorés. Au cours de cette journée chargée, nous avons pu comprendre l’approche holistique menée par les Iles de Paix concernant principalement la sécurité alimentaire à plusieurs niveaux.

    Site de maraichage à Tapoga

    Quand nous sommes arrivés sur le site de maraichage, nous avons été très bien accueillis par les femmes et les enfants qui travaillent sur le terrain. Nous avons commencé par nous présenter et expliquer la raison de notre présence. Des explications sur la mise en place du site nous ont été données. Il y a une variété de légumes qui sont cultivés sur place, différentes techniques sont utilisées pour l’entretien de chaque culture, aucun engrais chimique n’est utilisé sur les cultures. Cependant l’accès à l’eau et l’insécurité du terrain sont deux problèmes à ne pas négliger. Nous avons alors eu des explications sur les besoins et surtout les objectifs que les bénéficiaires s’étaient fixés. Premièrement la production de récoltes à vendre certes, et aussi à consommer au sein des ménages. Puisque 34 personnes travaillent et se partagent le terrain, chaque ménage possédant 7 planches. Pour le futur, ils envisageraient d’agrandir le site afin d’augmenter le nombre de bénéficiaires une fois qu’ils pourront trouver une solution au problème de la sécurité du site. Suite à cette visite bien enrichissante, nous avons été épatés par leur travail accompli au quotidien depuis l’aménagement du site c’est-à-dire un an.

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    Magasins de stockage

    La deuxième visite de la journée consistait à comprendre les deux types de vente qui existent, la vente groupée et le warrantage. La première consiste à la mise en vente de la quantité déclarée par le producteur et la deuxième est un système permettant de stocker ses récoltes au sein de magasins qui en contrepartie permet au producteur de recevoir un crédit par la banque. Ce système permet alors d’éviter une vente sans planification des récoltes et surtout une sécurité alimentaire en période de soudure précédent la période sèche. L’augmentation de bénéfices pour les producteurs est un des éléments principaux de cette technique de warrantage.

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    Interventions de la Croix-Rouge

    Cette troisième visite nous a permis de comprendre les interventions menées par la Croix-Rouge en appui aux autres interventions déjà menés dans le village. En effet, la malnutrition est un problème majeur touchant les enfants et les femmes enceintes. C’est pourquoi un comité formé de 14 femmes motivées et bénévoles se préoccupant de ce problème a été créée. Celles-ci, après avoir suivi une formation de 3 jours, pouvaient ainsi mieux comprendre les enjeux de la malnutrition et ainsi conseiller les autres femmes du village. Ces femmes-modèles conseillent les mamans, les femmes enceintes et les femmes allaitantes en leur montrant des exemples de recettes à reproduire, de nourriture à éviter de donner aux enfants et celle à privilégier. Cette action initiée par la Croix-Rouge permet aujourd’hui aux femmes-modèles de sensibiliser plus de femmes qui à leur tour en touchent d’autres.

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    Les greniers traditionnels améliorés

    Notre dernière visite de la journée consistait à de voir de plus près des greniers traditionnels et surtout comparer ces greniers aux greniers améliorés. En effet, les villageois devaient faire face à de multiples problèmes dont l’accès difficile, à la pourriture à cause de la pluie, des poussières et des insectes. Face à ces problèmes, des intervenants extérieurs (techniciens d’IDP) sont descendus sur le terrain afin de constater les problèmes survenus sur les récoltes stockés par ceux-ci dans des greniers traditionnels et apportés des améliorations de ces greniers. Un socle en pierres soutenant le grenier et évitant le contacte avec le sol, la présence d’un couvercle pour limiter le contact avec l’air et l’installation de vannes sur les faces inférieurs pour faciliter l’accès aux récoltes. Ces greniers traditionnels améliorés (GTA) peuvent contenir jusque 5 tonnes de mais, riz, etc. et les préserver pendant une plus longue période, ce qui diminue de moitié les pertes.

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    En bref, cette journée très longue en visite, mais riche en apprentissage, nous a permis de faire le lien entre les différentes actions menées par IDP avec d’autres partenaires afin de garantir la sécurité alimentaire. L’intervention de différents acteurs présents sur le terrain ou pas, illustre bien l’approche holistique vis-à-vis d’une problématique touchant un grand nombre de personnes. Une fois que les récoltes sont faites, il faut évidemment les stocker pour garantir la nutrition au sein de son ménage, parfois en vendre pour faire du bénéfice et tout cela n’est pas possible si on ne comprend pas l’enjeu de cette insécurité alimentaire pourrait engendrer.

  • Jour 7 (02/04/2018) : Formation continue : sur place, la question du genre.

    Ce matin, Audrey, chargée de projet ECMS(Education à la Citoyenneté Mondiale et Solidaire) chez IDP (Iles de Paix), a animé un atelier sur le genre, les relations entre les hommes et les femmes. Nous avons remarqué que la notion du genre évolue en fonction de la culture, de la géographie, de la religion et ceci de génération en génération.

    Lors de la première activité, Audrey a cité des phrases comme « les femmes nourrissent le monde » ou encore « si j’arrive à économiser, je m’achèterai une moto ». Nous devions alors prendre position en expliquant si à notre avis c’était un homme ou une femme qui pouvait dire cela. Nous avons bien vite remarqué qu’il n’y avait ni bonnes ou mauvaises réponses : Chacun avait des arguments solides qui faisaient réfléchir le groupe et permettaient à chacun d’approfondir sa réflexion.

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    Ensuite, une discussion-débat a été organisé autour du rôle de l’homme et de la femme dans une famille béninoise tel que nous l’avions perçu par les visites. Au départ, comme nous n’avions rencontré des groupements de femmes, nous pensions que les femmes travaillaient plus que les hommes. Mais après des explications plus approfondies, nous avons compris la complémentarité de l’homme et de la femme dans le ménage béninois. Les hommes s’occupent du champ : ils sèment, cultivent et récoltent après la saison des pluies ; et les femmes transforment ces matières premières (riz, fonio, maïs) pendant la saison sèche. Ainsi, chacun a un rôle essentiel, le couple forme une véritable équipe.

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    Grâce au travail des Iles de Paix avec les femmes, ces dernières ont la possibilité de gagner de l’argent, leur travail est reconnu et leur avis est pris en compte. Les décisions au sein du ménage se prennent de plus en plus à deux. Lors de notre visite dans la commune de Boukombé, un groupe d’hommes, les maris, est venu également à notre rencontre pour en apprendre davantage sur le travail de leurs femmes transformatrices du fonio dans le but de lancer un groupement similaire. Nous avons pu constater que la distribution des rôles (ancestraux) change.

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    Nous avons conclu notre atelier par un débat ouvert, plus général, notamment sur les couples mixtes (nationalités, confessions religieuses).  Ce débat a été très enrichissant car tout le monde posait des questions et était ouvert aux réponses.

     

     

     

  • Jour 6 (soirée) : une nuit dans la famille de nos correspondants.

    Après plusieurs mois de conversations virtuelles avec nos correspondants, nous allons enfin pouvoir passer un instant privilégié avec eux et même plus puisque nous allons dormir chez eux dans leur famille. Nous étions enthousiastes mais les heures qui ont précédé notre arrivée dans leur famille étaient teintées de craintes. Ces dernières ont vite disparu et le lendemain, nous n’avions qu’une seule hâte, c’était de raconter nos aventures à nos quatre professeurs. En voici quelques lignes :

    Maimouna : « Par où commencer… mes émotions sont encore chamboulées à l’instant. Des mois, des semaines, des weekends de formation et des jours d’attente en stressant que ce jour arrive. Ce jour que les profs et formateurs nous ont décrit comme une expérience extraordinaire et inoubliable. J’avais trop d’appréhension et de peur qui au final se sont révélées injustifiées. » « Samira a une grande famille comme la mienne. Je me sentais comme chez moi et ses parents m’ont « ordonné » de les appeler papa et maman. Je ne pouvais pas rêver mieux. »

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    Sarah : « Elle s’appelle Florentine, nous avons beaucoup échangé entre nous : nos passions, nos points communs et bien sur nos cultures. Pour se connaitre davantage, je suis partie dormir chez elle. J’étais à la fois contente et stressée d’être dans sa famille surtout que je me retrouvais sans le groupe. Heureusement, tout s’est très bien passé. J’ai été très bien accueillie. Comparé à moi qui vis seule avec ma mère, elle a une grande famille. Ils sont tous très gentils et m’ont directement intégrée dans leur vie quotidienne. »

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    Nazif : « J’ai pu constater la différence entre lui et moi, son milieu de vie, sa façon de vivre… Ils n’ont pas toute la technologie que je possède. Pourtant, lui et sa famille font beaucoup avec le peu qu’ils ont. Mais Martin est quand même privilégié par rapport à d’autres. Il a une maison assez bien équipée quand je le compare à d’autres de son quartier. C’était une expérience inoubliable et unique, pour rien au monde, je ne voudrais revenir en arrière. »

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    Antoine : « Nous n’avons pas perdu de temps pour commencer et nous avons fait une partie de pétanque. Thémistocle a directement compris que j’étais un très bon bouliste. Nous avons ensuite mangé ensemble puis nous nous sommes mis en route pour la fête, qui à ma grande surprise, était donnée en l’honneur de mon anniversaire. J’étais évidemment extrêmement content, j’ai même reçu un gâteau. Lors de la soirée, on a bu beaucoup de Youki et le plus important, on a beaucoup dansé ! Oui, même moi qui suis très timide, je me suis lâché. J’étais très fier de moi car j’ai pu enfin m’exprimer par la danse, art que j’admire énormément. »

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    Thomas : « Tout commence à la mairie, on dit au revoir à tout le monde. J’étais trop content de partir avec Eric et impatient de découvrir sa famille. Ils sont dix à la maison et il habite assez loin de l’école, la maison se situe haut dans la montagne. Nous avons marché plus de trente minutes pour y arriver. J’ai profité du trajet pour poser plein de questions à Eric. En rentrant dans la maison, son papa m’a accueilli dans le salon. Nous avons pu discuter et j’ai ensuite rencontré sa maman avec qui j’ai eu un petit échange. J’ai également fait la connaissance de ses petits frères qui étaient effrayes par ma présence, ils couraient dans tous les sens. »

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    Diana : « Comme ma correspondante et moi sommes des personnes timides, on a vite quitté la soirée pour rentrer chez elle. On était toutes les deux épuisées et après une courte discussion on s’est endormies. Le lendemain, la maman de Nadège m’a servi une délicieuse omelette accompagnée de chocolat chaud. J’étais surprise leur facilité d’adaptation lors de la venue d’un étranger. Une de mes peurs était la nourriture mais petit à petit, j’ai réalisé que je n’étais pas la seule à sortir de ma zone de confort car ma correspondante et sa famille ont fait de même. Ils m’ont aidé à trouver le confort dans les petites choses. Je les remercie pour cela. Nadège est une fille timide avec beaucoup de rêves et de détermination.

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    Gilou : « Gilou, c’est toi ? Sont les premiers mots de mon correspondant. En effet, celui-ci m’a accueilli dans sa maison et je reviens de cette expérience unique. Une fois la quatrième prière de la journée terminée, le père m’a regardé et m’a demandé si ma famille allait bien. Bien que je n’aie aucune nouvelle de celle-ci depuis plus d’une semaine, je lui ai répondu positivement. Le père nous a ensuite donné les clefs de notre chambre en prononçant des mots que je ne pouvais comprendre. De la boutique à notre chambre, il y avait moins de deux minutes. Pendant ce bref laps de temps, Soumaila me traduisait que son père s’excusait de ne pas bien parler français.

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